J’ai longuement réfléchi à la meilleure façon de partager mes voyages, découvertes et aventures avec vous. Après plusieurs mois de réflexion, j’ai décidé de lancer ma newsletter, TOMO

Vous savez que les heures sont précieuses pour moi, et c’est ainsi que j’ai décidé de structurer cette lettre mensuelle : une rétrospective sur le mois écoulé, une rencontre avec un créatif, une émotion gustative, une réflexion pour ouvrir de nouveaux horizons, une lecture éclairante et un lieu où les valeurs de l’hospitalité sont celles que j’aime et que je chéris. TOMO n’est pas une simple newsletter. C’est un compagnon qui transforme le temps des lecteurs en quelque chose de précieux et d’inattendu.

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#7

Défricheur d’heures,
semeur d’émotions

Le 15 octobre 2025

Après un été de découvertes et de ressourcement, le mois de septembre a commencé de la plus excitante des manières. Après plusieurs semaines à tenter de tenir ma langue, j’ai enfin révélé la prochaine destination 700’000 heures Impact : le Rwanda.

Pour célébrer ce nouveau chapitre, j’ai rassemblé des amis, des journalistes et des hôteliers chez Almisbah, un lieu ultra confidentiel de la médina de Marrakech (le salon professionnel Pure se tenait au Maroc à cette même période). Cet édifice de la fin de l’époque Almoravide, dont le nom signifie “lanterne” en arabe, est l’un des rares à avoir survécu à l’épreuve du temps… Palais d’une riche famille à l’origine, il a ensuite été transformé en forteresse pour garder des armes et des grains, avant de devenir la première prison pour femmes du royaume, au milieu du XVIIIe siècle. Un lieu porteur d’histoire, de mystères et de surprises, à l’image de l’itinéraire qui attend nos futurs voyageurs dans le pays des mille collines.

Une fois de plus, j’ai décidé de repousser toutes les limites et de créer le premier spectacle immersif d’hospitalité (je vous donne des détails sur le concept plus bas…). Un séjour rythmé par l’art et la fantaisie, puisque je suis intimement convaincu que le voyage ne devrait jamais s’abstenir de folie. Ce projet, né de la rencontre avec l’artiste pluridisciplinaire Cédric Mizero (dont je vous parlais déjà ici), et du désir de création des communautés locales, permettra aux voyageurs de découvrir le pays à travers les yeux de ses meilleurs ambassadeurs. N’hésitez pas si vous avez des questions, nous serons ravis d’y répondre.

Je vous embrasse,

Thierry

P.S. : Ce projet étant un sacré défi, nous ne prévoyons pour l’heure qu’une seule saison (du 30 mai à début septembre). Bonne nouvelle : les demandes de réservations sont ouvertes ! (Voici le lien pour télécharger la présentation)

La personne dont je veux vous parler aujourd’hui est notre deuxième talent en résidence à Dar Ahlam. J’ai rencontré Guillaume Sorge grâce au directeur artistique qui m’accompagne dans la création de mon site internet et de Prélude, la plateforme dédiée aux voyageurs de Dar Ahlam. Inclure de la musique à ces pages web était une évidence. J’en écoute en permanence, et tous les moments forts de ma vie sont liés à certains titres. Je me souviens d’une nuit d’orage au Cap-Ferret, captivé par les éclairs de sécheresse sur le bassin. Dès que je repasse la mélodie du saxophoniste qui jouait ce jour-là, je plonge immédiatement là-bas. Même chose avec des levers de soleil, des dîners à la bougie ou des heures de routes rythmées par les playlists confectionnées par mes enfants. Il me semblait donc indispensable d’offrir à Dar Ahlam une vraie signature musicale, et de permettre à nos hôtes de repartir avec un morceau. Notre playlist est disponible ici, et mon coup de cœur est assurément Gaspar Claus, dont j’écoute les albums en boucle.

On dit souvent aux enfants qu’il ne faut pas jouer avec la nourriture. Je suis convaincu qu’il faut faire exactement tout l’inverse. Lors de mon dernier séjour à Marrakech, j’ai rencontré Nikos Karaflos, le fondateur de Dexamenes, en Grèce. Dans son hôtel tout en béton brut, presque ascétique, il contourne les contraintes liées à la restauration en une performance artistique. Sans trop en dévoiler, je vous invite à jeter un œil à ses « dîners illégaux » qui cochent toutes les cases de la transgression, sans jamais compromettre le produit. Dans la même lignée, sa démarche a fait écho en moi à cette vidéo de DiverXO, à Madrid, une captation de dix minutes d’un dîner qui rend fou. Ces projets m’inspirent pour Dar Ahlam, où nous sommes justement en train de créer un menu palindrome en détournant tous les interdits (parler la bouche pleine par exemple…). J’ai hâte de vous en dire plus bientôt !

En quoi consiste un spectacle immersif ? Voici une question que l’on m’a beaucoup posée depuis le lancement du Rwanda. Vous connaissez désormais ma passion pour tous les théâtres tels que Sleep No More ou Then She Fell. Ces appels à la curiosité, avec une absence de barrières pour le spectateur et un côté extrêmement ludique, m’ont énormément fait progresser dans ma façon de penser la mise en scène théâtrale. Concrètement, tout au long du séjour, des ruelles de Kigali aux rives du lac Kivu, nos invités entreront en interaction avec des locaux. Acteurs ou habitants ? Ils ne le sauront jamais. Une véritable aventure dans son sens premier : ce qui doit advenir.

La logistique va être complexe, mais nous connaissons notre métier et vous n’aurez qu’à vous laisser porter grâce au travail de script et de scénario que nous venons de terminer. Je dis souvent que l’hospitalité doit rester un matériau vivant, avec l’envie et l’énergie de faire toujours mieux pour rendre nos hôtes heureux. Ce projet en est l’incarnation la plus parlante.

Avec la disparition de mon père et de ma sœur, j’ai été confronté à la mort très jeune. Je n’ai pas eu l’innocence de l’enfance, mais ces événements m’ont permis de conscientiser plus tôt que les autres adolescents l’importance de profiter de la vie intensément. Profiter ne veut pas dire courir après les choses, mais considérer que chaque jour qui passe est précieux. C’est la raison pour laquelle le nom 700’000 heures (le nombre moyen d’heures d’un être humain sur terre) est si à propos. Ce n’est pas la durée qui compte, mais bien la qualité. 700 000, ça peut être énorme si on sait remplir intelligemment chacune de ces heures. La vraie question est de savoir ce qu’on en fait, pas combien il en reste.

Serge Dive, le fondateur de This is Beyond, évoquait lors d’une prise de parole qu’un citoyen américain avait en moyenne 426 jours de vacances dans sa vie. Ce chiffre m’a frappé et je me demande comment on a pu en arriver là… Il est impératif de redonner au temps sa valeur et je me réjouis de toutes les initiatives allant dans ce sens. Dernièrement, j’ai découvert la marque suédoise Koyia, qui a lancé une parfumerie minimaliste au cœur des forêts du Småland. Le principe est original : les clients ne paient pas avec de l’argent, mais en donnant 599 secondes de leur temps, dans un silence contemplatif. Dix minutes, ou la durée nécessaire pour que les effets de la nature se fassent sentir sur le corps. Une stratégie en adéquation parfaite avec leurs fragrances à base de conifères, dont l’efficacité contre le stress est scientifiquement prouvée.

Au commencement de l’hospitalité, il y a toujours une histoire. Un fil narratif suffisamment puissant pour que chacun ait envie d’en dérouler la suite. On croit choisir une destination, mais en réalité, on choisit un récit. Avec mon expérience, j’ai appris qu’accueillir, c’était avant tout éveiller la curiosité de l’hôte. J’adore raconter et transmettre des émotions à mes interlocuteurs, un comble pour l’enfant introverti que j’étais ! Et en la matière, j’avais envie de partager avec vous la lecture de ce livre, The Seven Basic Plots. À l’aide d’une multitude d’exemples, allant des mythes anciens et des contes populaires aux pièces de théâtre et romans de la grande littérature, Christopher Booker montre qu’il existe sept thèmes archétypaux qui reviennent dans tous les récits et met en lumière le rôle majeur joué par la narration dans nos vies. Celui qui me passionne le plus est évidemment le “Voyage and Return”, à l’instar de L’Odyssée ou du Ramayana. Des épopées où les protagonistes, après avoir surmonté des dangers, reviennent sur leurs terres natales transformés.

On a tous déjà vu, dans un magazine ou sur les réseaux sociaux, la photo de cette maison traditionnelle portugaise, avec du sable dans le salon et dans la chambre. Ce lieu de rêve à Comporta, c’est Silent Living. J’ai rencontré le fondateur João Rodrigues pendant le Covid, à Lisbonne, et j’ai beaucoup aimé la philosophie derrière ses projets. Il refuse de travailler avec des agents de voyage pour privilégier le contact direct avec le voyageur. Il a tout compris à la micro-hospitalité et préfère multiplier les lieux plutôt que d’ajouter des chambres à un même endroit. Des cabanes de pêcheurs face à une rivière, une maison enchâssée proche de la frontière espagnole, un immeuble du XVIIIe dans le vieux quartier de Lisbonne : ses lieux sont tous le fruit d’un travail singulier et sincère qui mérite d’être soutenu.

Pour suivre toute l’actualité autour de mes projets.

> Une interview pour la newsletter The A28 Dispatch. J’y évoque ma vision du luxe, du besoin de flexibilité et d’impermanence dans l’hospitalité et, évidemment, de l’hybridation entre art et hôtellerie dans un projet comme celui que nous allons mener au Rwanda.

> Une participation au sommet Points of View de Condé Nast Traveler, le 12 novembre, à New York. À l’occasion de cette journée qui réunit les leaders du secteur de l’hospitalité, je participe à une table ronde sur l’authenticité dans le voyage. Comment entrer en relation avec les communautés ? Comment identifier de véritables pratiques régénératrices ? …