J’ai longuement réfléchi à la meilleure façon de partager mes voyages, découvertes et aventures avec vous. Après plusieurs mois de réflexion, j’ai décidé de lancer ma newsletter, TOMO

Vous savez que les heures sont précieuses pour moi, et c’est ainsi que j’ai décidé de structurer cette lettre mensuelle : une rétrospective sur le mois écoulé, une rencontre avec un créatif, une émotion gustative, une réflexion pour ouvrir de nouveaux horizons, une lecture éclairante et un lieu où les valeurs de l’hospitalité sont celles que j’aime et que je chéris. TOMO n’est pas une simple newsletter. C’est un compagnon qui transforme le temps des lecteurs en quelque chose de précieux et d’inattendu. Pour recevoir les prochaines newsletters, cliquez ICI.

#4

Défricheur d’heures,
semeur d’émotions

Le 10 juillet 2025

On me demande régulièrement comment je prépare les saisons de 700’000 heures Impact. Qu’est-ce qui fait que je décide de m’installer dans une destination ? Comment je déniche les maisons ou les lieux d’exception pour mes hôtes ? Combien de temps je passe sur place avant de nouer des liens avec des partenaires de confiance ? J’aurais pu vous donner une réponse précise, mais tout a changé récemment. Mon évolution et mon passage à 700’000 heures Impact m’ont fait comprendre que ce n’était pas à moi de choisir la destination. Avant, j’arrivais avec ma bucket list et mes idées préconçues, sans savoir si les communautés avaient vraiment envie ou besoin d’un projet comme le mien. Je partais du principe que ça allait être utile et génial puisque c’était mon idée. En réalité, cette démarche ne pouvait plus fonctionner.

Depuis Tizkmoudine, l’une des haltes de la Route de mémoire (Maroc), j’ai complètement basculé : ma venue doit se faire à travers la demande d’une communauté, souvent accompagnée d’une ONG ou d’un acteur local, qui exprime le souhait d’ajouter de l’hospitalité à un projet de développement. Dès lors, les revenus de cette hospitalité s’inscrivent dans la logique de ne pas créer de dépendance, mais de l’autonomie. Ce n’est donc plus moi qui choisis mes destinations, ce sont les habitants d’un territoire qui me sollicitent. Et ça change tout.

C’est ainsi que j’ai atterri au Rwanda il y a quelques semaines, pour un projet auquel je crois beaucoup (en attendant l’ouverture prévue en juin 2026, encore un peu de patience…). Ce pays est sublime, la population est extraordinaire et, aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai retrouvé beaucoup de similitudes avec le Cambodge. Notamment dans la profusion des arts, partout, tout le temps. Quand un peuple a subi une tragédie sans nom, l’expression après l’horreur passe souvent par l’art. Dans ce cas, c’est tout un village qui a choisi de partager sa vie quotidienne grâce à ce médium. Alors si les gorilles demeurent le plus grand levier pour le tourisme aujourd’hui, j’ai envie de dire au monde « faites un détour chez nous et vous rencontrerez des personnes qui vont vous émouvoir à jamais ».

Je vous embrasse,

Thierry

Ce projet au Rwanda, je le dois à ma rencontre avec Cedric Mizero, un talent à la fois scénographe, designer, danseur… Il y a quelques années, il a créé une résidence d’artistes dans un village. L’an dernier, il a fait participer les habitants à un spectacle. Quand je lui ai expliqué ce que je faisais et ma vision de l’hospitalité, il a tout de suite été touché par ma démarche. Une amitié est née et on s’est dit qu’on avait envie de créer le premier spectacle immersif d’hospitalité afin que le village entier développe son propre projet autour de l’art vivant. Nous avons imaginé une représentation itinérante sur trois lieux, à laquelle les clients 700’000 heures Impact vont pouvoir assister. On va créer un spectacle dans le spectacle où des villageois et des comédiens vont interagir avec les voyageurs. Vous ne saurez jamais si l’interaction est prévue dans un script ou non, puisque tout pourra arriver à n’importe quel moment. D’ici là, Cedric sera au Festival d’Automne à Paris, à la Ménagerie de Verre, avec la compagnie de danse dont il fait partie. Et je me réjouis de voir ce qu’il nous réserve…

Un jour, ma belle-sœur m’appelle pour me parler de l’une de ses amies qui a besoin de conseils avant de se lancer dans sa passion de la cuisine. Plutôt que de discuter, j’ai proposé qu’elle vienne cuisiner pour moi. J’ai vu arriver Rosa avec son caddie et préparer une cuisine sicilienne de ses racines, simple et familiale, mais toujours avec un twist. C’est avec elle que j’ai goûté mon premier accord burrata-langoustines. C’était tellement bon qu’elle est devenue la maîtresse de maison 700’000 heures au Salento à mes côtés. Rosa est mon alter ego dans ce type de projet. Elle intellectualise la cuisine pour trouver les vraies racines avant de laisser son cœur parler. Pianoterra, son restaurant parisien, n’a jamais eu la prétention de faire une cuisine gastronomique. Juste l’ambition titanesque de créer chaque jour un nouveau menu en fonction des arrivages du marché. Aujourd’hui, l’aventure s’arrête, mais vous pouvez suivre toutes les nouvelles aventures de Rosa sur son compte Instagram. Et pour ceux qui n’ont pas encore eu le plaisir de goûter à sa cuisine, il vous reste jusqu’au 25 juillet !

Messieurs-dames, nous allons goûter une madeleine. Mais pas une madeleine comme une autre. Une moitié Proust, moitié Verjus. Je vous emmène en Grèce, pour un réveil à Kalamata, dans une maison blanche et bleue sans fenêtre. On a le vent de la mer dans les cheveux, le soleil sur le dos…

La madeleine de Table, le restaurant de Bruno Verjus, est pour moi bien plus qu’une émotion gastronomique. Ce petit texte que vous venez de lire est une retranscription du début de la présentation du dessert. Alors, certes, la madeleine est un produit relié à l’enfance qui touche tout le monde. Mais ce qui m’a fasciné ce soir-là, c’est qu’un membre de l’équipe, en plein coup de feu d’un service de gastro, prenne deux ou trois minutes pour raconter aux clients l’histoire de cette douceur. Je mets au défi n’importe qui de fermer les yeux, d’écouter, et de ne pas avoir envie de goûter cette madeleine. Ce n’est pas du marketing, c’est juste un don du cœur, la quintessence de la générosité. Et on touche à la définition la plus pure de ce qu’est l’hospitalité. Je connais Bruno Verjus depuis 25 ans et sa manière de rechercher la beauté et la poésie, avec toujours beaucoup d’amusement, est une vraie inspiration. Il n’y a pas de solennité dans sa gastronomie, c’est jouissif.

J’ai eu beaucoup de problèmes pour écrire mon guide Soul of Kyoto (paru en 2021 aux éditions Jonglez) car mes amis ne voulaient pas être dedans. Mais c’est ça qui est beau aussi. Vous pouvez passer trente ans dans ce pays, vous pourrez toujours apprendre quelque chose de nouveau. Dans ce livre, j’ai regroupé toutes mes expériences préférées : faire son propre barbecue derrière le marché aux poissons, rencontrer l’artisan qui vient de redonner vie à l’éventail traditionnel de Kyoto, pousser la porte d’un bar caché dans un temple, assister à la transformation d’un entrepôt de bois en izakaya… Mais j’ai surtout mis en avant des initiatives qui me touchent comme Go On, un projet regroupant six créateurs qui prend ses racines dans l’artisanat traditionnel. Beaucoup de jeunes talents ont repris les rênes des affaires de leurs parents qui ne vivaient pas de leur art. Ils voulaient faire perdurer les savoir-faire et ont eu l’idée de se réunir dans ce mouvement pour créer des passerelles et se développer dans des domaines tels que le design, la science et la technologie. Je pourrais tout acheter tellement c’est beau.

Il y a un mois, une amie m’a offert le livre Les lieux et la poussière en me disant qu’elle trouvait que je ressemblais à l’auteur, Roberto Peregalli. Elle avait absolument raison. Tout ce que ce philosophe-architecte écrit résonne avec ma vision de la fragilité de la beauté et de la nostalgie qui habite les objets et les lieux. C’est comme s’il m’avait suivi ces dernières années et pris des notes sur ce que je ressentais. Dans ce livre, ce poète compare les façades des maisons à des visages. Il nous rappelle combien tout est poussière. Combien nous oublions de prendre soin de nous dans notre rapport aux choses et au monde. À chaque fois que je restaure des maisons, j’essaye de trouver le point de bascule entre le confort et l’énergie du lieu. C’est important d’honorer l’histoire des vieilles pierres et pas de simplement avoir en tête ce qu’on a envie d’en faire. Nous devrions davantage respecter le temps et les lieux où il a laissé sa trace.

En Afrikaans, Sterrekopje est une « étoile brillante au-dessus de la petite montagne ». Dans la région viticole de Franschhoek, la ferme de Nicole Boekhoorn et Fleur Huijskens ne pourrait pas mieux porter son nom. Plusieurs amis m’avaient parlé de cette propriété ces derniers mois. J’ai profité de deux jours de libre après le salon We are Africa, à Cape Town, pour découvrir ce lieu où on vous accueille avec un soin des pieds à la place d’un check-in. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti à la maison quelque part et, aujourd’hui, il ne se passe pas une journée sans que je ne pense à l’équipe et à ce couple d’une bienveillance incroyable. Chacun des jardins (dessinés par Léon Kluge) a sa personnalité, tout comme les onze chambres avec leur décoration si éclectique, mais si juste à la fois. J’ai eu l’impression d’avoir rencontré mon âme-sœur et je pourrais envoyer à Sterrekopje toutes les personnes qui ont été touchées par Dar Ahlam. Après mon séjour, l’équipe m’a envoyé une playlist en guise de mémoire sonore. Je la passe en boucle dès que le bruit et l’agitation autour de moi risque de me gagner…

Pour suivre toute l’actualité autour de mes projets.

Un nouveau site internet pour Dar Ahlam, plus aligné avec ma vision de l’hospitalité et l’envie que j’ai de vous surprendre avec des moments simples et ancrés dans leur environnement.

Un atelier autour de la beauté dans l’hospitalité, à Arles, pour l’agence Saguez & Dash. J’y ai participé en tant que speaker inspirationnel, pour livrer en avant-première quelques clés de ma vision de l’hospitalité (à retrouver dans mon livre très bientôt…).

Le Global Vision Award 2025 de Travel + Leisure pour récompenser notre engagement dans l’hospitalité régénérative. Si les prix ne sont généralement pas très importants pour moi, celui-ci est une reconnaissance du sillon que nous creusons pour les communautés. Ainsi qu’une façon de montrer à mes équipes que les professionnels regardent des micro-projets comme les nôtres et qu’il ne faut jamais douter du bien-fondé de notre démarche.