J’ai longuement réfléchi à la meilleure façon de partager mes voyages, découvertes et aventures avec vous. Après plusieurs mois de réflexion, j’ai décidé de lancer ma newsletter, TOMO

Vous savez que les heures sont précieuses pour moi, et c’est ainsi que j’ai décidé de structurer cette lettre mensuelle : une rétrospective sur le mois écoulé, une rencontre avec un créatif, une émotion gustative, une réflexion pour ouvrir de nouveaux horizons, une lecture éclairante et un lieu où les valeurs de l’hospitalité sont celles que j’aime et que je chéris. TOMO n’est pas une simple newsletter. C’est un compagnon qui transforme le temps des lecteurs en quelque chose de précieux et d’inattendu. Pour recevoir les prochaines newsletters, cliquez ICI.

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Défricheur d’heures,
semeur d’émotions

Le 14 avril 2025

Les prémices d’une nouvelle saison (et particulièrement le printemps) sont souvent l’occasion de construire une feuille de route et de se fixer des objectifs. Ces dernières semaines, je me suis surtout employé à regarder quelques mois en arrière. Non pas pour me concentrer sur tout ce qui n’a pas fonctionné, mais pour me féliciter du chemin parcouru. L’année 2024 a été un tournant pour 700’000 heures Impact, avec l’ouverture du Pérou et du Mexique. Je mesure rarement la réussite d’une destination à son succès commercial. Ce ne sont pas toujours ceux dont j’ai retenu la plus grande émotion. L’accomplissement est ailleurs : est-ce que les équipes ont été heureuses pendant cette période ? Est-ce que la communauté qui nous a accueilli a eu le bénéfice qu’elle espérait ? Est-ce que les clients ont cultivé leur curiosité ? Après chaque destination, j’ai pris l’habitude de consigner dans un fichier Excel mes ressentis personnels, des détails qui m’ont marqué et que je veux garder en mémoire.

Ce que je retiens, c’est la puissance de l’itinéraire comme aboutissement de ce que j’ai envie de proposer. Le temps long favorise la possibilité de construire un programme à la façon d’une mélodie : on raconte plus de choses, on fait découvrir différentes facettes d’une région, de sa culture, de son histoire et de son patrimoine. Au Mexique, par exemple, notre triptyque dans l’État du Oaxaca s’étendait sur 9 nuits, contre 3 nuits au Pérou. Je suis de plus en plus convaincu que l’hospitalité que nous faisons nécessite un temps d’adaptation. Plus le temps est long, plus les gens lâchent prise, profitent et absorbent. D’où l’importance de s’intéresser davantage à l’avant et l’après voyage, l’un de mes nouveaux objectifs pour ces prochains mois.

D’ici là, je vous souhaite une bonne lecture et vous embrasse, Thierry

Quand je voyage, j’emporte toujours des livres. Plusieurs même. J’en commence un ou deux, je picore, mais je n’en lis aucun complètement. L’excitation et la créativité prennent toujours le dessus quand je suis à l’étranger. Absorber tout ce qui m’entoure m’empêche d’être calme et de me poser. Mais toute règle est faite pour avoir des exceptions. « L’État-voyageur », recueil de 21 chroniques fondées sur des anecdotes vécues en marchant, en est une. Sitôt plongé dedans, j’ai commencé à annoter les pages avec une excitation assez dingue, surligner des passages, prendre des notes à côté… Son auteure, Cécile Poujade, parlait exactement la même langue que la mienne. Ses mots, sa quête, son goût du beau, son amour du temps long font écho à tout ce que je mets dans mes projets. Elle a également su en faire un bel objet, avec des illustrations dessinées à la plume par le carnettiste François Saint Rémy et une poésie d’ensemble qui pousse sans cesse à ressentir et à s’émerveiller.

Parler de glaces dans ma première newsletter ? Cela vous donne une idée de mon rapport addictif avec ce produit. Rafraîchissantes l’été, réconfortantes l’hiver, elles ont tout ce qu’il faut pour upgrader la qualité d’une journée. Généralement, je teste les glaciers sur des parfums classiques (et compliqués), – café, pistache, noisette -, avant de passer à des saveurs plus originales. Récemment, j’ai été très agréablement surpris par une dégustation glace et vin chez Folderol. Cela fonctionnait vraiment bien, et j’ai enfin trouvé le moyen de me débarrasser des sempiternelles « petites planches » à partager ! Mais ma nouvelle obsession se porte désormais sur Minimal Gelato, un glacier taïwanais (premier de sa catégorie à recevoir une étoile Michelin) aux visuels aussi désirables que ses associations : gin-aiguilles de pin-baies de genièvre, whisky-graines d’orge-riz brun grillé ou sorgho-litchi-prune verte. Je serai dans cette région du monde à l’automne et je n’exclus pas la possibilité de faire un détour uniquement pour aller les goûter. D’ici là, je patiente sagement en me replongeant dans les photos du chariot à esquimaux que nous avons créé pour cette saison de 700’000 heures Impact au Mexique. À la carte : tamarin, fruit de la passion ou manguo con chamoy, à savourer les pieds dans l’eau près de Puerto Escondido.

On dit souvent que la nature est indispensable pour se ressourcer, mais j’ai toujours été convaincu que nous avons cette même possibilité dans les plus grandes villes du monde. J’en ai pris conscience assez jeune, à l’occasion d’un voyage à Rome. Au lieu d’aller visiter les musées à la chaîne, je me suis retrouvé à faire une sieste dans un parc. Et à ressentir la cité d’une façon totalement inattendue. J’accepte l’effervescence par moments, mais il faut savoir s’en extraire pour ne pas se faire kidnapper par l’agitation citadine. Dernièrement, j’étais à New York pour participer à une conférence de la Cornell University à l’occasion de la Climate Week. Entre deux rendez-vous, j’ai pris le temps de m’arrêter pour lire dans la bibliothèque du MoMA. À Paris, c’est au Pavillon Miwa que je me rends pour me sentir hors du temps. Chaque ville a ses sanctuaires où il est bon de se rappeler que c’est nous qui donnons le rythme, pas notre environnement.

« Un adulte créatif est un enfant qui a survécu ». Le drame de l’âge adulte, c’est qu’on oublie de poser un regard nouveau, curieux et intéressé sur tout ce qui nous entoure. Chaque matin, je me lève en me demandant comment faire en sorte que la journée démarre sur une note positive. Cela peut prendre plein de formes différentes : savourer un carré de chocolat, lire une pensée philosophique ou trouver un artiste dont je ne connais pas la pratique. Ces dernières semaines, j’ai été émerveillé par plusieurs d’entre eux : Yuki Kawae, Alex Walshaw ou encore Alexandre Farto. Mon unique but avec ce rituel est d’aiguiser mon esprit à rester ouvert à la découverte. Comme un sportif qui s’entraîne tous les jours, la quête de la beauté est un exercice. J’ai eu un mentor qui m’obligeait à rentrer dans des boutiques ridicules et d’en sortir obligatoirement avec quelque chose. Aujourd’hui, je cherche partout : dehors, dans les livres, sur les réseaux sociaux. Je pose aussi des questions aux gens qui m’entourent. Bonne nouvelle : il n’y a pas jamais de règle avec la curiosité !

Il m’aura fallu énormément d’années pour commencer à exprimer ce que je ressens. J’y suis parvenu après une retraite avec Rima en septembre 2021 et, depuis, j’avance sur ce chemin. Cette newsletter de Marie Dollé a particulièrement résonné en moi. Elle y évoque les bienfaits du “negative thinking”. Après le feel good usé jusqu’à la corde, il s’agirait d’accepter toutes les émotions (même les “mauvaises”) et de cultiver nos états d’âme. Orientée intelligemment, cette nouvelle manière de penser négativement peut être une force : prévoir le pire pour avancer avec plus de sérénité et embrasser la beauté de nos contradictions. La peur, par exemple, est une façon de nous prévenir que ce que l’on va faire est important et qu’il faudra être fier quand on aura réussi à la réaliser. Autant de fragments qui composent la vie dans toute sa complexité.

Lors de mon premier voyage au Rwanda, j’ai rencontré un architecte qui m’a présenté deux personnes importantes : un artiste avec qui nous allons organiser un projet pour 700’000 heures et Winnie, la propriétaire d’un sublime atelier de poterie à Kigali. Au milieu de l’effervescence de la capitale, dans le quartier bobo et arty, cet espace est un véritable lieu d’apaisement. Quant à Winnie, sa beauté resplendissante et son aura nimbent chacune de ses créations. J’ai été très sensible à son travail et suis reparti avec la moitié de la boutique, notamment ces deux vases distincts, entrelacés par une anse commune. Quand je suis retourné au Rwanda une seconde fois, cet architecte devenu ami m’a fait une surprise : une chambre d’hôtes était maintenant ouverte sur le même terrain que l’atelier. La lumière à l’intérieur y est douce et traversante, c’est un cocon de simplicité dans lequel rayonne toute l’énergie solaire de Winnie. Allez-y les yeux fermés.

Pour suivre toute l’actualité autour de mes projets.


> Le podcast « 15’ pour réparer le monde ». J’y partage ma vision de l’hospitalité (en un temps record !) et des changements positifs que peuvent apporter au monde les hôteliers.

> Une interview publiée dans Le Point. Un temps d’échange pour préciser la différence entre tourisme éthique et régénération.
> Un séminaire organisé pour Small Luxury Hotels. Comment accompagner les hôteliers dans la démarche vers la régénération tout en vivant l’expérience de Dar Ahlam.