J’ai longuement réfléchi à la meilleure façon de partager mes voyages, découvertes et aventures avec vous. Après plusieurs mois de réflexion, j’ai décidé de lancer ma newsletter, TOMO

Vous savez que les heures sont précieuses pour moi, et c’est ainsi que j’ai décidé de structurer cette lettre mensuelle : une rétrospective sur le mois écoulé, une rencontre avec un créatif, une émotion gustative, une réflexion pour ouvrir de nouveaux horizons, une lecture éclairante et un lieu où les valeurs de l’hospitalité sont celles que j’aime et que je chéris. TOMO n’est pas une simple newsletter. C’est un compagnon qui transforme le temps des lecteurs en quelque chose de précieux et d’inattendu.

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#13

Défricheur d’heures,
semeur d’émotions

Le 15 avril 2026

Déjà une année que TOMO existe, et je dois avouer que je ne m’attendais pas à un tel succès. Nous avons aujourd’hui près de 7 000 inscrits, des taux d’ouverture exceptionnels et des retours toujours aussi pertinents (même parfois émouvants), que ce soit par écrit ou dans la “vraie vie”, sur des salons professionnels ou lors de conférences que j’anime.

Avant de continuer, je voulais sincèrement vous remercier pour cet enthousiasme et pour contribuer à construire une communauté animée par la beauté, la poésie et la curiosité.

Le format de ce mois-ci sera légèrement différent puisque vous avez été nombreux à me demander un condensé de toutes les références mentionnées ces derniers mois. Une lettre à sauvegarder dans vos favoris pour piocher en cas de virée chez votre libraire, d’un dîner à planifier ou d’une soudaine envie d’évasion.

Vous trouverez ce récapitulatif au fil des lignes, j’espère qu’il vous sera utile. Et puisque je ne souhaite pas vous laisser sur votre faim, je vous donne rendez-vous le 29 avril dans votre boîte de réception pour une édition très spéciale…

Je vous embrasse,

Thierry

Certaines rencontres ouvrent des chemins inattendus. Au fil des éditions, j’ai tenu à vous présenter des personnes qui déplacent le regard et nourrissent une manière de penser l’hospitalité, la création ou le partage.

Cécile Poujade, auteure de L’État-voyageur, un recueil de chroniques fondées sur des anecdotes vécues en marchant, qui parlent la même langue que mes propres pérégrinations.


Lukas Birk, qui a réintroduit à Dar Ahlam la camera box marocaine pour transmettre l’art du portrait aux équipes et aux voyageurs.


Édouard Malbois, fondateur de Grands Jardins, dont les grands thés servis dans des bouteilles de vin ouvrent une nouvelle voie pour des accords mets-élixirs sans alcool.


Cédric Mizero, artiste multidisciplinaire rwandais avec qui nous avons imaginé le premier spectacle d’hospitalité immersive, à vivre du 30 mai au 30 août, avec 700’000 Heures.


Rosa Pavone, cuisinière instinctive derrière les fourneaux de Dar Ahlam, ancienne maîtresse de maison au Salento (à l’automne 2018) après un dîner sicilien improvisé.


Alex Davies, distillateur iconoclaste capable de transformer les plantes d’un jardin marocain (géranium, orange amère, rose, feuille de figuier…) en nectars inattendus.


Olivier Darné, artiste-apiculteur dont les projets relient art et écologie, et qui a inspiré la Maison du ciel, l’un des satellites de notre écosystème dans la palmeraie de Skoura.


Guillaume Sorge, premier musicien en résidence, chargé d’offrir à Dar Ahlam une vraie signature musicale et de permettre à nos hôtes de repartir avec un morceau.


Shinsuke Kawahara, illustrateur japonais à l’esprit libre qui a signé l’image de mon projet Red60, une année dédiée à célébrer mon changement de décennie.

Petit Miribel, fondatrice d’un projet hôtelier exemplaire au Pérou (Sol y Luna), contribuant au financement d’une école pour accueillir les enfants de la vallée.


Yim Maline, artiste cambodgienne dont les œuvres textiles portent la mémoire et la résilience de son pays.


Olivia Giacobetti, parfumeur au talent inouï, avec qui j’ai travaillé pour faire de l’odorat l’un des fils invisibles reliant les souvenirs d’un lieu.

La nourriture est pour moi un langage universel, le chemin le plus direct pour saisir l’âme d’un lieu. Au fil de mes découvertes, certaines tables ou idées gastronomiques sont restées ancrées parce qu’elles allaient au-delà du goût : elles transmettaient une vision du monde.

Folderol, à Paris, où l’accord glace et vin ouvre un terrain de jeu inattendu ; et Minimal Gelato, glacier taïwanais étoilé Michelin, dont les associations sophistiquées redéfinissent le plaisir glacé.


Türk, à Istanbul, où le chef Fatih Tutak transforme la street food stambouliote en gastronomie de haute voltige.


Angèle Ferreux-Maeght, et ses programmes alimentaires intelligents pour concilier plaisir et habitudes saines.


Table, le restaurant de Bruno Verjus, où une simple madeleine ou un homard trompeur deviennent la quintessence de la générosité.


Mérito, à Lima, où le jeune chef vénézuélien Juan Luis Martinez livre une cuisine d’une justesse bouleversante.


Les boulangeries Gilles Marchal, P1 et Boris Lumé, qui composent mon rituel gourmand montmartrois quand je rentre d’un séjour à l’étranger.


Les performances culinaires transgressives de Dexamenes imaginées par Nikos Karaflos, entre dîners illégaux et extravagances artistiques.


Gion Sasaki, à Kyoto, où le chef et homme de théâtre Hiroshi Sasaki accorde une importance chirurgicale aux textures et aux consistances de ses produits pour des chocs émotionnels comme il en existe rarement.


Pétrelle, l’un des restaurants les plus sincères de Paris. Un parfait équilibre entre des assiettes généreuses, avec des produits de saison, un assemblage de saveurs incroyables et un twist étonnant, sans jamais se la raconter.


Et enfin, mes chocolatiers favoris pour commencer chaque journée en douceur : Jean-Charles Rochoux, Plaq, William Artigue et Yannick Alléno, qui repoussent toutes les frontières de la gourmandise.

Penser hors des cases établies a toujours été mon mode de fonctionnement. Derrière chaque idée, il y a une façon différente de poser le regard, d’accepter des contradictions et de cultiver la curiosité. Difficile pour moi de résumer ces réflexions en quelques lignes, mais depuis une année, j’ai pu vous parler de…

La faculté d’exprimer ses états d’âme et les vertus inattendues du negative thinking développées dans la newsletter de Marie Dollé, In Bed With Tech.


Le besoin de s’extraire de l’agitation citadine pour se ressourcer dans des sanctuaires urbains à l’image de la bibliothèque du MoMA à New York ou du Pavillon Miwa à Paris.


La quête perpétuelle de beauté, que j’envisage comme un exercice (tel un sportif qui entraînerait son œil quotidiennement) m’ayant permis de découvrir des artistes : Yuki Kawae, Alex Walshaw ou Alexandre Farto, pêle-mêle.


La notion d’hybridation, théorisée par la fascinante philosophe Gabrielle Halpern, pour qui tout ce qui n’est pas mélangé, hétéroclite ou contradictoire est amené à s’éteindre.


La recherche de perfection artisanale propre à la culture japonaise, où chaque pratique a vocation à toucher au raffinement ultime.


L’expérience du jeûne, vécue à la clinique Buchinger (sur les rives du lac Constance, en Allemagne), où j’ai passé dix jours dans un état d’éveil permanent, avec une grande clarté mentale et la sensation de mettre véritablement mes organes en pause.


L’importance de repenser nos systèmes alimentaires face aux défis climatiques, à l’instar de ce que nous faisons avec le Food Lab, à Skoura, ou le travail de la plateforme Climavore.

Découvrir, c’est porter attention à ce qui émerge. Au fil des mois, j’ai mis la lumière sur des perspectives ouvertes par certaines initiatives, lieux ou projets.

Go On, un collectif de six créateurs japonais qui font perdurer les savoir-faire traditionnels et créent des passerelles avec les mondes du design, de la science et de la technologie.


L’École Domaine du possible, fondée par Françoise Nyssen et Jean-Paul Capitani, pour repenser l’éducation à travers l’art, l’ouverture et une galaxie d’auteurs, de musiciens et d’artistes qui gravitent autour d’Actes Sud.


L’École comestible, créée par la journaliste Camille Labro pour apprendre aux enfants le goût du bien manger à travers des ateliers pédagogiques dans les écoles.


Adèle Collections, incroyable showroom parisien caché au fond d’une cour arborée, où l’artiste Loumi Le Floc’h transforme les peaux d’aubergine en matériaux décoratifs.


Pauline Rühl Saur, la magicienne derrière l’art poétique de nos ateliers cyanotype (l’ancêtre de la photographie), à Dar Ahlam.


Petites Planètes, plateforme aux allures d’atlas sonore du globe, où l’on erre dans les cultures musicales et les chants du monde entier.


Koyia, marque suédoise où l’on “paye” un parfum avec 599 secondes de contemplation dans la forêt, la durée nécessaire pour que les effets de la nature se fassent sentir sur le corps.


Le Cirque Phare, au Cambodge, dont l’école artistique a inspiré l’une de nos expériences les plus joyeuses avec 700’000 Heures, à l’été 2017.


Et enfin Studio Drift, duo d’artistes néerlandais qui excelle dans les sculptures chorégraphiées et les installations cinétiques, en explorant la frontière entre art, technologie et poésie.

Mon rapport à la lecture a toujours fonctionné par vagues, avec des périodes où je lis énormément et d’autres beaucoup moins. J’accepte aujourd’hui d’être bousculé ou dérangé par certains ouvrages, qui mettent des mots sur ce que l’on ressent confusément ou parce qu’ils offrent une nouvelle manière de regarder le monde. En voici quelques titres…

Liberté, de Paul Éluard, redécouvert dans une édition offerte pour mon anniversaire, retraçant l’histoire de ce poème emblématique.


L’Épicerie du monde, de Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, recueil d’histoires gourmandes et culturelles à picorer.


Les lieux et la poussière, de Roberto Peregalli, méditation sensible de ce philosophe-architecte sur la mémoire des lieux.


Les livres et la philosophie de vie de Perla Servan-Schreiber, dont la générosité, la sensibilité et le regard qu’elle porte sur le monde m’inspirent au quotidien.


The Seven Basic Plots, de Christopher Booker, qui explore les archétypes universels de la narration pour maîtriser l’art de raconter une histoire.


La collection Domaine du possible chez Actes Sud, dédiée aux initiatives originales et innovantes ayant vocation à apporter des perspectives positives pour l’avenir.


Nagori, de Ryoko Sekiguchi, magnifique réflexion sur la nostalgie des saisons.


Sans oublier des initiatives telles que The Human Library, concept danois où les livres sont remplacés par des personnes (un ancien alcoolique, un sans-abri, une personne porteuse du VIH…) pour ouvrir le dialogue.

Ou la librairie Morioka Shoten à Tokyo, qui ne vend qu’un seul livre par semaine pour célébrer l’art de la curation.

Certaines maisons ne sont pas seulement des endroits où dormir, ce sont des lieux qui redéfinissent l’art d’accueillir en bousculant les normes établies. Dans cette série, j’ai eu envie de vous parler d’adresses où j’ai inlassablement envie de retourner.

L’atelier-maison d’hôtes de la céramiste Winnie, à Kigali, oasis de sérénité au cœur de la capitale rwandaise (que nos hôtes ayant réservé un séjour cet été avec 700’000 Heures auront la chance de découvrir en totale exclusivité…).


Reserva do Ibitipoca, au Brésil, un modèle d’hospitalité au service de la régénération qui est sûrement celui qui m’a le plus inspiré dans mes projets.


L’Hôtel Arcé, auberge familiale dans les terres du Pays basque où la mémoire des générations de ma famille continue de vivre.


Sterrekopje, près de Franschhoek, refuge sud-africain où se mêlent la poésie des jardins, le goût du terroir et une attention portée au soin qui commence dès le check-in…


Les maisons et hôtels du Cap Ferret (et de sa région), comme La Maison du Bassin, l’Hôtel de la Plage ou Les Maisons Marines d’Huchet, empreints de la nostalgie heureuse des vacances de mon enfance.


Norden Camp, au Tibet, mélange de confort, de simplicité et de raffinement où le silence des hauts plateaux invite à l’introspection.


Silent Living, au Portugal, vision sensible de la micro-hospitalité imaginée par João Rodrigues.


La diversité des expériences hôtelières japonaises entre ryokan (Tawaraya et Hiiragiya sont des valeurs sûres), capsule hotels (le Nine Hours d’Otemachi) et love hotels, à tester au moins une fois dans sa vie.


Fogo Island Inn, projet visionnaire de Zita Cobb, une native des côtes de Terre-Neuve, ayant créé un véritable écosystème à mi-chemin entre hospitalité, résidences artistiques et expériences ancrées dans la vie locale.


Les hôtels diffus de Sextantio imaginés par Daniele Kihlgren, dont le travail titanesque en compagnie d’historiens et d’artisans a permis de restaurer des bâtiments abandonnés des Abruzzes de la façon la plus juste possible.


Et enfin, le minuscule Central Hotel & Café de Copenhague, un rappel que l’hospitalité peut tenir dans une seule chambre au-dessus d’un lieu extrêmement chaleureux.

Si vous souhaitez prendre le temps de m’écouter sur des formats plus longs, je vous invite à (re)découvrir ces trois podcasts :

Impact. La beauté révélée avec Thierry Teyssier (French podcast)
LISTEN

Vlan! Leadership. Créer un tourisme régénératif c’est possible avec Thierry Teyssier (French podcast)
LISTEN

Back of House. Thierry Teyssier: From No Rules to Pure Emotion (English podcast)
LISTEN

Crédit photos : Cyrille George Jerusalmi et Eric Martin- Dar Ahlam – 700’000 heures lmpact